Ayons le plus de députés possible, et pourquoi pas, une victoire ? Le PS doit avant tout chercher à constituer un contrepoids par rapport à Nicolas Sarkozy. Comme le disait Mitterrand, après son élection en 1988, il n'est pas sain qu'un parti ait tous les pouvoirs. La démocratie, ce sont des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Le PS doit mettre en avant les dangers d'un Etat UMP et développer une problématique alternative à celle de Sarkozy : du travail pour tous, la justice pour chacun, l'éducation, l'excellence écologique, l'engagement européen.
Une alliance avec les centristes est-elle possible ? Quelles en seraient les modalités ?
Il ne faut pas raisonner en termes d'alliance. Mais ce qui est vrai, c'est que l'élection présidentielle a montré que la gauche seule n'était pas majoritaire en France, qu'elle était même loin de l'être. Pour l'emporter demain, il faudra rassembler toute la gauche et bien au-delà de la gauche. C'est pourquoi la main tendue à un centre qui se détacherait de la droite ne doit pas être retirée.
Qu'entendez-vous par modernisation du PS ?
Ça veut dire que le PS doit à la fois retrouver une identité, dire ce qu'il est, ce qu'il pense de la gauche, de la France, de l'Europe, du monde. Bref, avoir un projet lisible. Cela veut dire que le PS devra dire quelles sont ses alliances, et le dire clairement. Cela veut dire enfin que le PS devra se doter beaucoup plus tôt qu'il ne l'a fait en 2006-2007 d'un leader pour affronter Nicolas Sarkozy en 2012.
Est-il possible d'envisager un ticket Royal-DSK pour allier la popularité de la première et la technicité du second ?
Tous les deux sont populaires. Nous verrons bien le moment venu lequel correspondra à l'exigence des Français.
Quel résultat pour le PS aux législatives ?
Le meilleur possible.
Comment se passerait la cohabitation ? Est-elle souhaitable pour la France ?
Les électeurs le choisiront.
Pour les législatives, le PS est-il vraiment uni ou la guerre des clans a-t-elle déjà recommencé ?
Le PS doit être uni. Il est clair qu'il y a des options différentes, des visions de l'avenir différentes, et que le débat sera vigoureux. C'est normal. Nous venons de perdre une élection présidentielle pour la troisième fois consécutive, et notre logiciel est fatigué. Mais chaque chose en son temps.
Que pensez-vous des déclarations de DSK le soir de l'élection ?
Je pense qu'elles étaient justes sur le fond.
Vous parlez d'identité, d'orientation, de projet, de positionennement. Pouvez-vous nous exposer votre point de vue ?
Pour ma part, je souhaite que le PS soit une grande force politique, sociale-démocrate, capable de rassembler plus de 30 % des électeurs, un parti européen, un parti ouvert à la fois vers toute la gauche et vers le centre gauche, un parti qui sache proposer au pays un projet qui soit à la fois un projet de justice et de protection.
Quelles conséquences aurait pour le PS une défaite aux élections législatives ? Une scission ?
Non, le PS saura rester uni quoi qu'il arrive. Mais il devra avoir des débats plus clairs que dans la dernière période, et enfin trancher de manière nette.
Demain, le PS remporte les législatives. Qui serait le premier ministre de la cohabitation ? La question du leader se poserait clairement, non ?
Je comprends que la question se pose, mais soyons cohérents : la cohabitation peut survenir, elle serait préférable à cinq ans de droite. Mais la logique institutionnelle et le calendrier électoral sont d'une grande force. Alors faisons le meilleur résultat possible. Si nous l'emportons, le premier ministre sera choisi au sein du collectif qui mènera la campagne.
En cas de triangulaires UMP-PS-MD, des désistements du PS au profit du MD sont-ils envisageables si c'est la condition nécessaire pour faire tomber le candidat UMP ?
La question se posera le soir du premier tour. Elle se posera d'abord à François Bayrou. Il lui faudra se déterminer : soit revenir à droite, ce qui serait un peu piteux, soit savoir s'émanciper, y compris en soutenant des candidats du PS.
Le programme de Sarkozy comporte de nombreux chantiers. Comment organiser l'opposition ?
Je pense que l'opposition, encore une fois, devra faire pour elle-même ce que Sarkozy a su faire pour la droite : bâtir un projet cohérent, mettre en œuvre une coalition progressiste, bâtir un parti fort et efficace, plus encore qu'il ne l'est. La victoire de Sarkozy n'est pas arrivée par hasard, elle est le résultat d'un long travail. Menons, dans l'opposition, ce travail pour nous-mêmes, et tout sera possible à nouveau dans cinq ans. De la sorte, nous serons une opposition efficace pendant la prochaine législature, capable de l'emporter à nouveau dans cinq ans. Et capable de recréer un espoir de progrès dans notre pays, qui en a toujours tant besoin.




