Pierre Moscovici : "Le PS doit s'assumer comme social-démocrate"

Pierre Moscovici : "Le PS doit s'assumer comme social-démocrate"
Le Parti socialiste peut-il gagner les législatives ? Quelles sont les réorientations stratégiques qui, selon vous, le lui permettraient ?
Ayons le plus de
députés possible, et pourquoi pas, une victoire ? Le PS doit avant tout chercher à constituer un contrepoids par rapport à Nicolas Sarkozy. Comme le disait Mitterrand, après son élection en 1988, il n'est pas sain qu'un parti ait tous les pouvoirs. Lamocratie, ce sont des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Le PS doit mettre en avant les dangers d'un Etat UMP et développer une problématique alternative à celle de Sarkozy : du travail pour tous, la justice pour chacun, l'éducation, l'excellence écologique, l'engagement européen.

Une alliance avec les centristes est-elle possible ? Quelles en seraient les modalités ?
Il ne faut
pas raisonner en termes d'alliance. Mais ce qui est vrai, c'est que l'élection présidentielle a montré que la gauche seule n'était pas majoritaire en France, qu'elle était même loin de l'être. Pour l'emporter demain, il faudra rassembler toute la gauche et bien au-delà de la gauche. C'est pourquoi la main tendue à un centre qui se détacherait de la droite ne doit pas être retirée.

Qu'entendez-vous par modernisation du PS ?
Ça
veut dire que le PS doit à la fois retrouver une identité, dire ce qu'il est, ce qu'il pense de la gauche, de la France, de l'Europe, du monde. Bref, avoir un projet lisible. Cela veut dire que le PS devra dire quelles sont ses alliances, et le dire clairement. Cela veut dire enfin que le PS devra se doter beaucoup plus tôt qu'il ne l'a fait en 2006-2007 d'un leader pour affronter Nicolas Sarkozy en 2012.

Est-il possible d'envisager un ticket Royal-DSK pour allier la popularité de la première et la technicité du second ?
Tou
s les deux sont populaires. Nous verrons bien le moment venu lequel correspondra à l'exigence des Français.

Quel résultat pour le PS aux législatives ?
Le meilleur p
ossible.

Comment se passerait la cohabitation ? Est-elle souhaitable pour la France ?
Les éle
cteurs le choisiront.

Pour les législatives, le PS est-il vraiment uni ou la guerre des clans a-t-elle déjà recommencé ?
Le PS doit
être uni. Il est clair qu'il y a des options différentes, des visions de l'avenir différentes, et que le débat sera vigoureux. C'est normal. Nous venons de perdre une élection présidentielle pour la troisième fois consécutive, et notre logiciel est fatigué. Mais chaque chose en son temps.

Que pensez-vous des déclarations de DSK le soir de l'élection ?
Je pense qu'e
lles étaient justes sur le fond.

Vous parlez d'identité, d'orientation, de projet, de positionennement. Pouvez-vous nous exposer votre point de vue ?
Pour ma part, je souhaite que le PS soit une grande force politique, sociale-démocrate, capable de rassembler plus de 30 % des électeurs, un parti européen, un parti ouvert à la fois vers toute la gauche et vers le centre gauche, un parti qui sache proposer au pays un projet qui soit à la fois un projet de justice et de protection.

Quelles conséquences aurait pour le PS une défaite aux élections législatives ? Une scission ?
Non, le PS sau
ra rester uni quoi qu'il arrive. Mais il devra avoir des débats plus clairs que dans la dernière période, et enfin trancher de manière nette.

Demain, le PS remporte les législatives. Qui serait le premier ministre de la cohabitation ? La question du leader se poserait clairement, non ?
Je comprends que la question se pose, mais soyons cohérents : la cohabitation peut survenir, elle serait préférable à cinq ans de droite. Mais la logique institutionnelle et le calendrier électoral sont d'une grande force. Alors faisons le meilleur résultat possible. Si nous l'emportons, le premier ministre sera choisi au sein du collectif qui mènera la campagne.

En cas de triangulaires UMP-PS-MD, des désistements du PS au profit du MD sont-ils envisageables si c'est la condition nécessaire pour faire tomber le candidat UMP ?
La ques
tion se posera le soir du premier tour. Elle se posera d'abord à François Bayrou. Il lui faudra se déterminer : soit revenir à droite, ce qui serait un peu piteux, soit savoir s'émanciper, y compris en soutenant des candidats du PS.

Le programme de Sarkozy comporte de nombreux chantiers. Comment organiser l'opposition ?
Je
pense que l'opposition, encore une fois, devra faire pour elle-même ce que Sarkozy a su faire pour la droite : bâtir un projet cohérent, mettre en œuvre une coalition progressiste, bâtir un parti fort et efficace, plus encore qu'il ne l'est. La victoire de Sarkozy n'est pas arrivée par hasard, elle est le résultat d'un long travail. Menons, dans l'opposition, ce travail pour nous-mêmes, et tout sera possible à nouveau dans cinq ans. De la sorte, nous serons une opposition efficace pendant la prochaine législature, capable de l'emporter à nouveau dans cinq ans. Et capable de recréer un espoir de progrès dans notre pays, qui en a toujours tant besoin.
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# Posté le jeudi 10 mai 2007 16:18
Modifié le vendredi 11 mai 2007 15:25

Ségolène Royal candidate aux législatives ?

Ségolène Royal candidate aux législatives ?
Le silence restait de mise jeudi sur une possible candidature de Ségolène Royal aux législatives. Alors que la candidate à la présidentielle avait annoncé en 2006 qu'elle ne se représenterait pas dans son fief des Deux-Sèvres, de nombreux socialistes s'attendaient à voir son nom réapparaître sur la liste des candidats PS qui sera validée en fin de semaine.

C'est en
effet samedi, à l'occasion de la réunion de son conseil national (son "parlement") à la Mutualité, à Paris, que le Parti socialiste doit entériner la liste de ses candidats pour les législatives des 10 et 17 juin. Le délai de dépôt des candidatures au niveau national s'ouvre le lundi 14 mai et s'achève le vendredi 18 mai.

Or, Ségolène Royal
a annoncé il y a presque un an, le 23 mai 2006, qu'elle ne se représenterait pas dans la deuxième circonscription des Deux-Sèvres qu'elle occupe depuis 1988. Un geste qu'elle avait justifié par sa volonté de se mettre en conformité "avant l'heure" avec l'interdiction du cumul des mandats qu'elle souhaitait mettre en oeuvre une fois élue à l'Elysée.

Ségo
lène Royal avait toutefois pris soin de se ménager une porte de sortie en rappelant que la loi actuelle autorise le cumul entre un mandat de député et un exécutif local: "je suis donc actuellement dans le cadre de cette loi", avait-elle relevé.

Sa circonscrip
tion de Melle a depuis échu à Delphine Batho, chargée au PS des questions de sécurité avec Julien Dray, qui se présente pour la première fois. Ses affiches sont déjà placardées à Melle. Une candidature de Ségolène Royal dans les Deux-Sèvres impliquerait donc que Delphine Batho s'efface ou soit parachutée dans une autre circonscription. La question n'a pas -du moins officiellement- été évoquée lors des réunions de la commission électorale du PS ces deux derniers jours.

Ségolène
Royal "est très attachée au non-cumul des mandats", a observé le patron du PS François Hollande lundi, laissant entendre qu'elle pourrait avoir à choisir entre ses deux mandats. Avant d'ajouter mardi: "les deux hypothèses sont ouvertes".
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# Posté le jeudi 10 mai 2007 15:59
Modifié le vendredi 11 mai 2007 14:45

En direct du quartier général de Ségolène Royal le 6 mai

En direct du quartier général de Ségolène Royal le 6 mai
Menucci voit Ségolène en premier secrétaire

Intervi
ew de Patrick Menucci, directeur général adjoint de la campagne de Ségolène Royal.

Comment vivez-vous cette défaite?
To
ute défaite est triste, mais Ségolène a réussi a la rendre moins triste. Elle est extraordinaire, car elle a la capacité de transformer les choses. Il n'empêche que c'est une défaite dure, car le parti a du mal à assumer son réformisme.

La main tendue à François Bayrou est-elle encore d'actualité?
Plus que j
amais. Elle était valable avant le second tour de la présidentielle. Elle le reste après.

Quel sera le rôle de Ségolène Royal pour les législatives?
Ell
e sera au premier rang. Des candidats ont déjà appelé de Bretagne ou d'Ardèche pour lui demander d'être à leur côté.

Au premier rang, cela signifie-t-il qu'elle doit devenir le premier secrétaire du PS?
A
titre personnel, je le souhaite. Mais il lui appartient d'en parler avec François Hollande, qui est aussi son compagnon. Comme vous le savez, c'est une situation complexe...

DSK peut-il être lui aussi à ce poste?
Si l'on v
eut résolument engager le PS sur la voie du réformisme, il faut suivre celle qui a ouvert la voie, pas ceux qui ont tergiversé depuis 10 ans.


Queyranne: "Ségolène est déjà dans l'après"

Jean-Jack Queyranne, président de Rhône-Alpes :

Comment expliquer la défaite de Ségolène Royal?
Les m
ilitants socialistes se sont bien mobilisés, mais nous avons manqué de cohésion au sommet. Cela dit, la défaite était prévisible depuis le premier tour. Cependant, l'écart qui la sépare de Nicolas Sarkozy est un écart qui permet l'espoir. Elle a fait bouger la gauche en bousculant les dogmes et les frontières. Ce mouvement ne s'arrêtera pas ce soir.

Selon vous, est-elle désormais le leader incontesté de l'opposition?
Oui. Il y
a un mouvement populaire incroyable autour de Ségolène. Face à un tel mouvement, les appareils ne peuvent rien. Elle incarne une nouvelle manière de faire de la politique. Regardez: malgré sa défaite, elle est étonnamment souriante. Je l'ai vue dès 18h30: elle avait déjà intégré le résultat; elle l'avait même déjà surmonté. Le maître mot ce soir, c'est 'continuer'. Elle est déjà dans l'après.

Source : L'Express


Et vous, qu'en pensez-vous ?
Croyez-vous que Ségolène a des chances de s'imposer comme le nouveau leader du PS ?
En ce qui me concerne, je l'espère de tout coeur (comme dirait Ségolène, je l'appelle de mes voeux !)
# Posté le mercredi 09 mai 2007 15:04
Modifié le vendredi 11 mai 2007 15:10

Hommage à Ségolène Royal

Hommage à Ségolène Royal
Par Bernard-Henri Lévy


Eh
bien oui.

Au
risque de surprendre, je pense que Ségolène Royal a fait une bonne campagne.

Ell
e a perdu, c'est entendu.

Et perdu plus lourdement que ne le donnaient à penser, ces derniers mois, les prévisions.

Mais
elle a perdu pour des raisons que l'on commence à bien cerner et dont je prétends, moi, qu'elles sont à son honneur.

Ell
e a été diabolisée, d'abord. On a beaucoup parlé - et on avait raison - de la tentative de diabolisation dont fut victime son adversaire. Mais autrement plus insidieuse, donc plus ruineuse, fut la diabolisation qui l'a poursuivie, elle, depuis ses premiers pas.
Incom
pétente quand elle la fermait ; agressive quand elle l'ouvrait...

N'ayant rien à dire quand elle prenait le temps d'écouter ses électeurs ; scandaleuse quand elle rompait le silence (les 35 heures) ou brisait les orthodoxies (ses prises de position, si courageuses, sur le nucléaire iranien ou le Darfour)...

Bécassine, enfin, avant son débat avec Sarkozy ; Cruella après et, surtout, pendant - quand elle a commis le crime de lèse-future majesté de l'interrompre, interpeller, ne rien laisser passer, le mettre dans les cordes...

Ce n'est plus une femme, gronda la rumeur, c'est une sorcière. Ce n'était plus la douce, la maternelle Ségolène, c'était un bretteur, une tueuse - voyez ces yeux minces passent des épées de feu ; entendez cette voix de mauvaise sirène, une octave trop haut, si dure...
Ah
, l'increvable misogynie des Français et souvent, malheureusement, des Françaises ! J'ai aimé, moi, cette dernière image dans ce dernier débat. J'ai aimé la stature qu'elle a prise à cet instant - et la belle droiture qui émanait de son regard et de son port. Elle honorait la gauche, cette droiture. Et elle honorait la France.

El
le a livré bataille, deuxièmement, à un moment d'inflexion, mais encore, las, de suspens, où il devenait clair que la vieille stratégie d'union des gauches n'avait plus de chance de l'emporter, mais où la nouvelle stratégie d'alliance avec le centre restait trop insolite, inédite, bref, révolutionnaire , pour passer le cap des hypothèses et retourner, réellement, les esprits. Mme Royal a dit les mots qu'il fallait dire. Elle a fait les gestes qu'il fallait faire.

Peut
-être, d'ailleurs, le grand débat de la campagne, celui qui restera, celui qui fit bouger les lignes en même temps que, au passage, les liturgies cathodiques, fut-il ce débat avec Bayrou dont elle a pris l'initiative et qui ouvrait, on le verra maintenant très vite, un vrai nouveau chapitre de l'histoire politique française.

Mais
voilà... Il était trop tôt... On a dit, ici ou là, qu'il était trop tard, que c'est avant qu'il fallait le dire, avant qu'il fallait le faire, etc. Non, voyons. Le contraire. Il était trop tôt dans le siècle. Trop tôt dans l'histoire du pays. Sauf que c'est elle, Mme Royal, qui, trop tôt ou trop tard, l'aura fait. Sauf que, ce big bang rêvé par les uns, annoncé par les autres, c'est elle, et personne d'autre, qui l'aura osé et déclenché. Pour cela, elle restera. Pour cela, même si elle a perdu, elle a gagné.

Et puis
il faut bien reconnaître, enfin, que Nicolas Sarkozy a été bon. Vraiment bon. Je veux dire par là qu'il a su surfer, avec un mélange de talent et de cynisme non moins remarquables l'un que l'autre, sur une vague de fond dont il semble que tout le monde ait, à part lui, sous-estimé la terrible puissance.

Qui, pa
rmi les commentateurs, avait prévu que l'éloge d'une France qui n'a jamais commis - sic - de crime contre l'humanité puisse faire recette à ce point, douze ans après les paroles de Jacques Chirac reconnaissant, au Vél' d'Hiv, notre participation au crime nazi ?
Qui imaginait
de tels hurlements de joie et, au fond, de soulagement chaque fois que fut dit et redit, de meeting en meeting, que la France ex-coloniale n'était coupable de rien, qu'elle n'était en dette vis-à-vis de personne et qu'elle devait être fière, au contraire, de son oeuvre civilisatrice ?

Qui,
encore, pouvait deviner que le traumatisme de Mai 68 fût resté si vif dans les esprits que l'appel répété à « liquider » - quel mot ! - l'héritage du « parti des voyous et des casseurs » puisse faire jaillir, lui aussi, de tels geysers de fiel, de joie triste et de ressentiment ?
Mme Royal a
résisté à ce discours. Fidèle à la ligne tenue, sur ces sujets, peu ou prou, par nos deux derniers présidents, elle a tenté d'endiguer ce flot de haine et de rancune. Et, de cela aussi, je lui sais gré.

Je ne parle pas - car seul le mauvais esprit gaulois en a douté - du sang-froid dont elle a fait montre, d'un bout à l'autre de l'aventure.

J
e n'insiste pas - encore que le fait fût unique dans notre histoire électorale - sur la double bataille qu'il lui a fallu mener : l'une, publique, contre son adversaire ; l'autre, secrète, contre les siens.

Et je n'évoque que pour mémoire, enfin, le ton et, comme dit un poète qu'elle affectionne, le « frisson nouveau » qu'elle a fait passer dans cette vieille musique socialiste qui n'en finissait pas de mourir et qui n'attendait, peut-être, que ce salutaire coup de grâce.

Tout
cela, elle l'a fait. Et il faut espérer que s'en souviennent ceux qui, à partir de ce lundi matin, vont être tentés de se livrer au petit jeu de la chasse à la sorcière ou de la production de la chèvre émissaire.

Ségolène Ro
yal est loin d'avoir dit son dernier mot - et c'est tant mieux.


© L
e Point 09/05/2007
# Posté le mercredi 09 mai 2007 14:42
Modifié le mercredi 09 mai 2007 15:08

Meeting de remerciement

Meeting de remerciement
Malgré sa défaite, Ségolène Royal devrait tenir un "meeting du remerciement" dans les dix jours à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), a-t-elle annoncé aujourd'hui à quelques journalistes.

"J
e vais faire à La Courneuve le grand meeting du remerciement, dans les dix jours", a-t-elle indiqué lors d'un déjeuner avec une dizaine de journalistes dans sa maison de Melle (Deux-Sèvres).

"
Je ne veux pas laisser tomber les quartiers", a expliqué Ségolène Royal.



Peu
t-être un peu plus d'infos dans quelques jours ...
Ren
dez-vous au meeting !!
# Posté le mardi 08 mai 2007 14:50
Modifié le mardi 08 mai 2007 16:31