"J'ai plaidé contre (sa candidature) mais elle était hésitante, a confirmé à l'Associated Press son ancien directeur de campagne Jean-Louis Bianco. Elle n'aura aucun mal à exister politiquement."
Il y a presque un an, le 23 mai 2006, Ségolène Royal avait promis de ne pas se représenter dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres qu'elle occupe depuis 1988. Un geste qu'elle avait alors justifié par sa volonté de se mettre en conformité "avant l'heure" avec l'interdiction du cumul des mandats qu'elle souhaitait faire appliquer une fois élue à l'Élysée. La loi actuelle autorise le cumul entre un siège de député et la présidence d'un exécutif local.
"Il faut à un moment être cohérent entre ce que l'on s'apprête à dire et ce que l'on fait. J'ai donc décidé de respecter avant l'heure ce principe du non-cumul et de transmettre le flambeau de ma circonscription en continuant à y veiller de très près depuis la région, qui est le mandat que je garde", avait-elle alors expliqué.
Mais voilà: dès sa défaite à la présidentielle, la vaincue s'était clairement posée en nouveau leader de l'opposition. Or, il apparaît difficile d'exister politiquement depuis la région Poitou-Charentes, qu'elle préside depuis 2004, sans avoir de siège à l'Assemblée ou sans présider de parti. Beaucoup au PS s'attendaient donc à voir réapparaître son nom sur la liste des législatives.
Sa circonscription de Melle avait été attribuée à Delphine Batho, chargée au PS des questions de sécurité avec Julien Dray. Or, jeudi, plusieurs sources au PS faisaient état d'un parachutage de dernière minutes de Mme Batho dans la 24e circonscription du Nord.
Comment, dès lors, exister en vue de 2012? Pour Jean-Louis Bianco, le PS doit positionner Ségolène Royal comme "candidate naturelle" pour la prochaine présidentielle dès son prochain congrès prévu après les municipales. Dans les cinq ans qui viennent, son ancien directeur de campagne la verrait bien occuper un poste de premier rang à gauche.
"Si elle veut être notre candidate en 2012, il faudra qu'à un moment ou à un autre elle prenne, sous une forme ou sous une autre, la tête du parti".
Pas sûr que ces perspectives d'avenir conviennent à tout le monde au PS. Sur sa route, l'ancienne candidate devrait trouver Dominique Strauss-Kahn, qui s'est dit "disponible" dès le soir de la défaite pour mener la rénovation du PS.
"Je veux que nous soyons capables de rebâtir tous ensemble une gauche capable de reconquérir le pouvoir", a-t-il renchéri jeudi soir lors d'une réunion à Paris, prenant date.
Et vous, pensez-vous que Ségolène Royal a des chances de s'imposer en tant que leader naturel du PS ? Etes-vous satisfaits de voir qu'elle a respecté sa parole, et qu'elle n'a pas trahi les militants en refusant de se représenter ?
