Ainsi, des conseils municipaux de jeunes ont-ils été créés afin de faciliter leur apprentissage de la démocratie ou encore la réforme des lycées réintroduit-elle l'éducation civique. En fait, les jeunes sont, aujourd'hui, à la fois intéressés et désintéressés par la politique... comme bon nombre de citoyens. La jeunesse est, en outre, confrontée à un double impératif : s'identifier à ses aînés et innover ; c'est via la tension entre héritage et expérimentation que se construit son rapport à la politique.
Mais même s'ils maintiennent une distance, voire nourrissent une certaine méfiance, envers les hommes et les institutions liés à la politique, les jeunes sont loin d'en déserter la scène.
Bien au contraire, leur activisme est réel et ils sont très mobilisés. Ici, ils s'impliquent dans la défense des droits de l'Homme, là, ils prennent la tête de mouvements de revendication liés à l'éducation ou à la formation. Ils sont d'ailleurs plus nombreux aujourd'hui qu'à la fin des années 80, et autant que l'ensemble de la population, à déclarer s'intéresser à la politique.
Ce qui a donc changé, c'est d'abord le contenu de leur engagement, mais aussi le contexte de désinstitutionnalisation de l'action politique dans lequel ils expérimentent la mobilisation collective. Les jeunes veulent en fait réconcilier terrain des idées et action, aspirent à un retour de l'éthique politique, et prônent l'engagement, la vérité et l'humanité.
En résumé, quatre clés permettent de mieux appréhender les contours de l'expérience politique pendant la jeunesse :
- l'influence toujours dominante mais non dénuée d'ambivalence de la famille.
- la dissociation de l'univers de la décision électorale des autres formes d'implication politique des jeunes.
- les effets du temps lui-même sur la constitution de l'expérience politique.
- enfin, la recomposition des attentes politiques des jeunes. Et c'est là que bien des images convenues sont renversées.
Les jeunes ne développent pas un rapport indifférencié à la politique. Les années de jeunesse ne constituent pas un bloc d'expériences unifié et continu. S'ils votent moins que leurs aînés, les jeunes sont pleinement concernés. S'ils peuvent être en retrait du jeu électoral, ils peuvent être aussi des acteurs, au premier rang de la mobilisation collective.
Référence : L'expérience politique des jeunes, Anne Muxel, Presses de Sciences Po.
A votre avis, les "jeunes" sont-ils suffisamment pris en compte dans les programmes des candidats aux différentes élections ? N'ont-ils pas tendance à être uniformisés en une seule et même catégorie ?
En ce qui me concerne, je pense que chaque citoyen a des pensées originales, qu'il soit jeune ou non. Ce serait une erreur de penser que les "djeuns" voient les choses de la même façon sous prétexte qu'ils sont jeunes !!
